Garde à vue: mouvement de grogne policier dans les Deux-Sèvres 11.02.10 | 10h18
Un mouvement de grogne a débuté jeudi dans les Deux-Sèvres parmi les officiers de police judiciaire (OPJ) qui menacent de demander le retrait de leur habilitation d'OPJ contre les "accusations outrageantes" les visant dans le débat sur la garde à vue, a annoncé un représentant syndical.
Sans habilitation OPJ (pouvoirs d'enquête, de garde à vue, etc.), les policiers ne pourraient quasiment plus se livrer à des actes judiciaires d'enquête.
Selon Pascal Valles, secrétaire départemental de l'Union SGP-FO/Unité police (premier syndicat de gardiens de la paix), il y a eu une réunion "informelle" de plusieurs OPJ du département et de "plusieurs délégués syndicaux (policiers) de tous bords".
"Ils ont tous fait part de leur ras-le-bol contre les accusations outrageantes" visant les policiers dans le cadre du débat sur la garde à vue (GAV) où "ils sont présentés comme des voyous".
Ils ont donc décidé de rédiger une lettre où ils envisagent de demander le retrait de leur habilitation d'OPJ "qui sera diffusée à la population, au parquet et à la hiérarchie policière", selon M. Valles.
Le Syndicat national des Officiers de Police (Snop, majoritaire) a envisagé mercredi de lancer un tel mot d'ordre dans la police, une démarche que la secrétaire générale du Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN, majoritaire), Sylvie Feucher, a décidé jeudi de "soutenir" dans un communiqué.
Le SCPN, dans ce communiqué, demande par ailleurs à ses adhérents, lorsque une GAV est décidée ou close, de "prévenir de jour comme de nuit les magistrats responsables" de celle-ci et, si c'est impossible, "de l'acter" par procès-verbal.
Les syndicats s'élèvent contre les voix, à droite comme à gauche, réclamant une réforme de la garde à vue relayant une offensive lancée depuis quelques semaines par les avocats français soutenus par certains magistrats.
Ils estiment que les policiers sont "stigmatisés" dans ce débat, le Snop évoquant une "campagne de désinformation et de calomnie".
Selon des sources syndicales, des réunions de ce type sont prévues dans d'autres départements et certains responsables envisagent de lancer une "action commune" et "intersyndicale" autour de ce mot d'ordre.